Le PM dévalorise notre processus réglementaire
Dave Coles
09 Mars 2012Lorsque des milliers de Canadiens affirment ne pas être à l'aise avec les politiques coûte que coûte de construction de pipelines que met de l'avant le gouvernement, parce qu'ils s'inquiètent des enjeux économiques liés aux emplois, de la sécurité énergétique et des dommages causés à l'environnement, ils sont ignorés et rabaissés.
Le gouvernement Harper a étiqueté les syndicats, les environnementalistes et les groupes des Premières Nations – et quiconque s'oppose au projet de pipelines Keystone XL et Northern Gateway – de radicaux et d'anti-Canadiens.
Avec son voyage en Chine cette semaine, le premier ministre Harper signale maintenant au monde entier que le processus réglementaire des projets de construction de pipelines au Canada, censé protéger l'intérêt public d'une manière plus officielle, n'est qu'une façade.
Les acteurs influents de l'industrie pétrolière vont faire partie de l'entourage du premier ministre Harper pendant qu'il est en Chine en train de vanter les avantages des projets de pipelines, avant même que l'Office national de l'énergie ait la possibilité de tenir des audiences sur le projet Northern Gateway.
Entre des tentatives de rabaissement de l'opposition et de dévalorisation des institutions démocratiques, les conservateurs laissent peu de place à la discussion et au débat national.
La plupart des Canadiens ne savent sans doute pas, par exemple, que le rythme et l'étendue de ces projets de pipelines sont incompatibles avec les principes les plus conservateurs de développement durable.
L'Association canadienne des producteurs pétroliers a mené elle-même une recherche qui montre que la capacité d'exportation actuelle du Canada va dépasser la production prévue dans l'Ouest canadien jusqu'en 2025, et après 2025 le pipeline Northern Gateway va ajouter une importante capacité excédentaire à celle créée par le projet Keystone XL et Kinder Morgan (TMX).
Dans le processus, le pipeline va entraîner de sérieux dommages à l'environnement, coûter plus de 26 000 emplois canadiens et menacer les propres besoins énergétiques du Canada.
Ce sont toutes des menaces sérieuses à l'intérêt public qui devraient être analysées de près par l'ONE, si on le laisse accomplir le travail que prévoit son mandat.
Notre syndicat comprend l'importance des marchés d'exportation et le fait que les pipelines doivent les servir. Nous comprenons aussi pleinement l'importance d'une industrie pétrolière et gazière en santé, qui peut fournir de bons emplois stables à nos membres et créer de la richesse pour leurs communautés et pour tous les Canadiens.
Nous avons besoin d'une politique basée sur la stabilité économique, la création d'emploi, le développement durable et la sécurité énergétique pour le Canada. Les parties intéressées – y compris l'industrie pétrolière, les gouvernements, les environnementalistes, les groupes des Premières Nations et les syndicats – doivent se réunir et élaborer une politique sur l'énergie durable.
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