Pourquoi cette manie de recourir aux insultes?
Dave Coles
11 Janvier 2012Pour ceux parmi nous qui sont habitués d’être la cible d’insultes, c’est un peu du déjà-vu. Peu importe, il est plaisant de voir les chroniqueurs et éditorialistes des principaux médias s’en prendre au gouvernement Harper d’avoir démonisé et insulté ses opposants. Dans ce cas-ci, on parle de ceux qui veulent avoir leur mot à dire quant au projet de pipeline Northern Gateway.
J’ai réfléchi à cette tactique particulière du gouvernement conservateur. Ce qu’il s’y cache est assez simple : comme dans toute situation d’intimidation digne d’une cour d’école, la racine de ces attaques contre « l’argent étranger », les « groupes radicaux » et les « extrémistes », c’est la peur.
Les partisans de Harper savent comment il est facile pour les lobbyistes grassement payés des sociétés milliardaires de contrôler le processus réglementaire. L’Office national de l’énergie du Canada se comporte comme un canard boiteux depuis des années. Et ses relations confortables avec le gouvernement fédéral ont mené à l’approbation de pratiquement chaque demande de construction d’un projet de pipeline déposée.
Mais, avec le verdict récent de l’administration d’Obama sur le projet Keystone XL, les partisans de Harper sont un peu plus nerveux. Se pourrait-il que, pour la première fois, les nombreux arguments convaincants contre ces projets de pipeline exprimés par les environnementalistes, les groupes des Premières Nations et les syndicats, sont non seulement entendus mais trouvent aussi écho chez les électeurs?
Pour les conservateurs, cela signifie une chose : continuons à faire ce que nous faisons bien. Attaquons. Accusons nos opposants de comportements que nous avons nous-mêmes eus pendant des années!
À l’instar du projet Keystone XL et d’autres projets de pipeline, le SCEP est l’un des intervenants dans le projet Gateway. Bien que l’expérience passée avec l’ONE ait été une farce, peut-être que cette fois-ci, avec le gouvernement qui présume de ses chances de réussite et tourne l’opinion publique contre lui, il y a peut-être une chance que le processus sera pris au sérieux.
Ou, à tout le moins, peut-être que nos arguments seront entendus cette fois-ci, alors que les syndicats, les environnementalistes, les Premières Nations et d’autres groupes sociaux-démocrates assument le rôle que l’Office national de l’énergie devrait jouer : défendre l’intérêt du public.
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