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Front commun des journalistes pour un code de déontologie
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Quatre grandes associations de journalistes québécois, dont trois
regroupements syndicaux, s'allient pour demander à la ministre de la
Culture et des Communications d'imposer un code de déontologie à tous
les médias. Le front commun représente plus de 1850 professionnels au total.
Le regroupement a écrit mardi à la ministre Christine St-Pierre,
elle-même une ancienne journaliste de la télévision de Radio-Canada. Une
rencontre est prévue avec des fonctionnaires la semaine prochaine.
La demande d'intervention est signée par la Fédération nationale des
communications (FNC-CSN), le Conseil provincial du secteur des
communications (CPSC-SCFP), le Syndicat canadien des communications, de
l'énergie et du papier (SCEP-FTQ) et l'Association des journalistes
indépendants du Québec (AJIQ).
«En obligeant les médias à respecter la déontologie journalistique, le
législateur s'adresserait aux vrais décideurs, dit le communiqué diffusé
hier par les signataires. Cette façon de faire faciliterait du même coup
une saine pratique du journalisme au Québec, là où la concentration de
la presse est l'une des plus fortes au monde.»
Cette démarche exceptionnelle découle en partie du constat d'absence de
consensus dans le milieu au sujet de la création d'un titre de
journaliste professionnel au Québec. Cette proposition centrale du
rapport de 2011 du Groupe de travail sur le journalisme et l'avenir de
l'information a été débattue lors d'audiences publiques tenues à
l'automne. Le milieu journalistique s'est divisé tant au sujet de la
pertinence de créer un titre que de son contrôle organisationnel.
Les quatre associations se rangent donc maintenant à l'avis du juge John
Gomery, président du Conseil de presse du Québec, le tribunal d'honneur
de la profession, selon lequel Québec peut légiférer en matière de
déontologie. «Il y aurait une obligation pour les entreprises d'adhérer
au code, poursuit Pierre Roger, secrétaire général de la FNC, en
entrevue au Devoir. Le Conseil de presse en serait le gardien.»
M. Roger refuse de définir plus précisément la portée du code, ce qu'on
y retrouverait concrètement par exemple. Le communiqué d'hier précise
que la balise éthique serait déterminée par un comité indépendant et que
«des sanctions importantes devraient être prévues pour assurer le
respect de la loi».
La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ),
représentant environ 2000 membres, a une réaction mitigée à cette
nouvelle proposition des syndicats. «C'est plutôt à la ministre
St-Pierre de réagir à cette demande, dit Brian Myles, président de la
FPJQ et collègue du Devoir. Le conseil de la FPJQ étudiera la question,
mais de prime abord, l'imposition de règles déontologiques uniques pour
tous les médias, au moyen d'une loi, sera difficile à justifier au nom
de la liberté de presse. Nous avons toujours été prudents et sceptiques
face aux modèles reposant sur la contrainte.»








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