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Le chef du Bloc québécois demande à AbitibiBowater de s'expliquer sur la colline - Duceppe s'indigne contre les fermetures d'usines
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Indigné de voir AbitibiBowater agir sans cesse comme un parasite au Québec, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, veut que les dirigeants de la multinationale soient rapidement convoqués devant le comité parlementaire sur l'industrie pour qu'ils expliquent ce qui se cache derrière la multiplication des fermetures de leurs usines dans la province.
"En quoi ces fermetures et cette compagnie peuvent-elles être bonnes pour l'économie du Québec, demande M.Duceppe. On veut entendre ces gens-là, qu'ils viennent s'expliquer devant les membres du comité."
Le chef du Bloc québécois indique que les membres du comité parlementaire pourraient se rencontrer d'ici une dizaine de jours et que les dirigeants de la multinationale seraient ensuite convoqués le plus rapidement possible.
Des primes "immorales"
Gilles Duceppe n'a pas mâché ses mots, hier matin, au terme d'une rencontre au bureau du député bloquiste de Gatineau, Richard Nadeau, avec le syndicat des employés de l'usine d'AbitibiBowater de Gatineau.
"Un éditorialiste du Devoir a qualifié AbitibiBowater de parasite ce matin (hier) et je ne vois pas de meilleure expression pour qualifier ces gens-là", a-t-il affirmé aux différents médias venus le rencontrer.
Le chef du Bloc s'en est aussi pris au plan de restructuration de l'entreprise qui sera adopté le 14septembre prochain et qui permettra à une cinquantaine de membres de la direction et de cadres supérieurs de se partager une enveloppe de 6 millions$ en primes.
"Je ne comprends pas cette attitude, c'est carrément immoral de leur part, a-t-il lancé. Pendant qu'il y a des gens qui ont travaillé dans leurs usines pendant plus de 30 ans, qui étaient tout près de leur retraite et qui aujourd'hui se retrouvent subitement devant rien, il y a des cadres dans cette entreprise qui se votent des millions de dollars en primes. C'est immoral."
Pour le président de la section locale 142 du Syndicat canadien de l'énergie, des communications et du papier (SCEP), Gaston Carrière, ces primes que s'offrent les cadres de l'entreprise alors que des centaines de travailleurs sont jetés à la rue n'ont rien de nouveau.
"C'est la continuité de ce que fait la compagnie depuis 2008, a-t-il dit. Leurs dirigeants se mettent de l'argent dans les poches sur notre dos. En plus, ils veulent nous payer ce qui va rester de notre pension en actions de la compagnie. Ce sont des voleurs en cravate."
Revoir la loi
Le chef bloquiste dénonce aussi la décision d'AbitibiBowater d'utiliser des dispositions de la Loi sur arrangements avec les créanciers et les compagnies (LACC) pour s'éviter de payer de lourdes pénalités à ses travailleurs touchés par les fermetures de leurs usines.
En fermant l'usine de Gatineau, AbitibiBowater ne se trouve à payer qu'une partie des indemnités destinées aux travailleurs si la fermeture n'avait pas été faite sous la protection de cette loi. En vertu de la LACC, les travailleurs licenciés deviennent des créanciers au même titre que tous les autres prêteurs de la multinationale. "Il faut se pencher sur la LACC, la revoir, parce qu'actuellement, il y a des compagnies qui l'utilisent de façon détournée et nous en avons un exemple aujourd'hui", a indiqué M.Duceppe.
La relance... et l'inaction
Au-delà des gros mots, il y a les espoirs de relance de l'usine de Gatineau et le travail entrepris par le comité.
Le chef bloquiste estime qu'il faut mettre plus de pression afin que la multinationale comprenne l'intelligence du plan de relance proposé.
Écorchant au passage le gouvernement conservateur de Stephen Harper, Gilles Duceppe a dénoncé l'inaction dans ce dossier du ministre responsable de l'Outaouais, Lawrence Cannon.
"On a proposé plusieurs choses pour aider l'industrie forestière au Bloc, relate M.Duceppe. On a proposé des garanties de prêts, des crédits d'impôt remboursables pour la recherche et le développement ainsi que l'utilisation du bois dans les constructions fédérales. Le Bloc, le NPD et les libéraux ont tous voté en faveur de ça, mais pas les conservateurs. Le gouvernement a préféré protéger l'industrie de l'acier en Ontario. Ça veut dire qu'il y a des gens au gouvernement, des députés du Québec, comme Lawrence Cannon et Denis Lebel, qui se sont levés pour voter contre le Québec."







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